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Onna Youma
Contes

夢で海の中に波の涙のような女妖魔を見た。

Une nuit, venant de la mer telle une vague de larme, m’apparut en rêve une femme spectrale. 


Le cœur étrangement calme, je la contemplais. 
Translucide et fluide comme l’aurore, elle semblait flotter tanguant à peine. Ses lèvres légèrement tremblaient, chantait elle ?



Il y a bien longtemps, a la cours d’un royaume oublié sur une île perdu, à l’heure ou l’on faisait l’offrande musicale aux dieux une tradition voulait que l’on donnât, en clôture du rituel un chant si émouvant que ceux qui l’entendraient, le cœur serré, ne l’oublieraient jamais.

Pour les habitants de l’île les musiciens sacrés étaient des demi-dieu, des personnage quasi mythiques et nimbés de mystère. Lors des cérémonies on disposait des paravents afin de les cacher aux yeux du commun.


Cependant c’était bien des hommes, de nobles naissance, qui vivaient à la cours, dans les parties du palais seulement accessibles a certaines personne de très haut rang et autorisé par le roi.

Ainsi a cette époque, le chant qui clôturait la cérémonie, c’était une courtisane du palais - celle qu’on surnommait la Belle Luthiste - qui l’interprétait, en s’accompagnant du luth à 4 cordes.




Ors, il advint qu’un jour la voiture qui ramenait la reine et ses dames de compagnies de la résidence de printemps au palais d’été s’arrêta dans un village où se trouvait la demeure d’un vieil homme.

Il avait autrefois été un peintre renommé, mais l’âge venant il avait décidé de se retirer du monde. La reine, qui avait gardé de ce vieil homme qu’elle avait connus étant enfant un souvenir teinté de tendre bonté, avait émis le souhait de lui rendre visite.



Bien que le manoir fut vaste, l’homme vivait dans une grande sobriété. Il se trouva fort surpris d’une si auguste visite. N’ayant rien qui ne fut qu’ordinaire à offrir aux dames de la cours, il demandât à son jeune fils de prendre le luth afin de les divertir.



Or la Belle Luthiste était justement parmi les dames de compagnie de la reine ce jour là. Dès qu’elle vit le beau jeune homme, qu’elle entendit le son de son luth, elle fût immédiatement conquise.



La reine à qui le trouble de l’une de ses courtisane n’avait échappé, décréta que ce jeune musicien était tant doué qu’à partir de ce jour il fallait qu’il consacra son art aux dieux et qu’il s’installa à la cours.



Le vieil homme qui n’avait que ce fils fut bien peiné. Il songea que si son enfant jouait si bien c’est qu’il avait fait autrefois le pèlerinage de la montagne blanche. A son retour, lui qui parlait si peu et ne connaissait pas la musique était devenu un fabuleux musicien.
C’est cette bénédiction qui faisait aujourd’hui son malheur puis qu’on lui enlevait son fils.

Cependant c’était le souhait de la reine ; c’était ainsi que les choses devaient êtres.




Rapidement la belle Luthiste et le jeune musicien purent se connaître et se fréquenter.

Lors de leurs rendez-vous la jeune femme ne manquait jamais de le questionner sur la musique de la montagne blanche. La courtisane était fasciné par l’art du jeune musicien, et peut être était elle aussi un peu jalouse que le roi l’ait bien vite préféré à elle pour la charge de clôturer les cérémonies.

Le jeune homme bien embarrassé répondais toujours qu’on ne pouvait décrire avec des mots de ce monde une musique divine.



Ainsi dans le cœur de la belle luthiste mûrit le désir de faire elle même le voyage à la montagne blanche, elle s’en alla trouver un certain vieux savant très au fait des traditions anciennes de l’île.



Le pèlerinage était une chose bien difficile. Il fallait faire l’ascension de la montagne blanche, au sommet de laquelle ne pousse ni arbre ni herbe et ou ne vit aucun animal ou insecte.
 
Puis à la tombée du jour il fallait écouter très intensément.

Parfois la nuit passait et on n’entendait rien, mais parfois, ceux qui ont le cœur pur et un profond désir, si ce jour là les dieux leur étaient clément, pouvaient entendre très ténu les échos d’une musique étrange venue de très loin.


Cependant, comme les choses du ciel ne sont pas toujours destinées aux mortels, il fallait sous peine de malédiction absolument reprendre la route de nuit et quitter le sommet blanc de la montagne avant le lever du jour.



La jeune femme décida qu’elle voulait entendre a tout pris cette musique divine et se prépara donc pour le périlleux voyage.



On on apprêta une voiture et on lui fit une escorte. On s’arrêta à l’endroit ou les arbres, l’herbe les animaux et les insectes disparaissent. La Belle Luthiste termina seule l’ascension de la montagne. Au sommet elle s’assit sur un rocher bleu et contempla l’horizon lisse jusqu’à la tombée du jour.




A ce moment elle tendis l’oreille et profondément elle écouta le silence.
 
Elle fut prise d’angoisse, tout les sons qu’elle avait toujours aimé et qui étaient comme la musique de la nature avait disparu.

On n’entendait aucun bruits, ni d’animaux ni d’insectes, ni même le bruissement du vent dans les feuilles ou les herbes. Il n’y avait pas le moindre souffle. La nuit était cristalline.

L’étoile Sirius apparut. Des profondeurs du ciel, la Belle Luthiste, entendit grandissant le son clair d’une flûte d’argent. Ce son magique, mystérieusement calma son coeur.

Puis ce fut Arcturus, Véga, Altaïr, une polyphonie complexe et magnifique se mettait en place.
 
Soudain comme une vague déferlante résonna une myriade de petites notes et la voie lactée s’illumina.
 
La Belle Luthiste était fascinée et enivrée par tant de beautés et tant de de grâce.

Surpassant toutes les autres, une voix montât, une ligne mélodique et des paroles d’une langue inconnus mais dont le son seul était le sens. La lune venait de se lever. L’harmonie céleste se déployait en d’infinies révolutions.

Le plus petit souffle des étoiles invisibles comme le chant puissant de la Lune lui parvenait également clairement. La belle Luthiste compris qu’elle même faisait partie de cette harmonie. Elle était une note, belle et unique parmi des milliards. Elle avait atteint l’extase.

Cependant les heures passaient.

Tout à coup, d’assourdissantes chaotiques trompettes, des cloches affolées, un orgue fou épileptique, s’échappèrent des cieux en un son si puissant et brûlant qu’il était hors de portée des humains.

Le soleil venait de se lever.

Pour la Belle Luthiste tout cessa brusquement, elle était devenue sourde.



Elle n’entendait plus. Mais elle ne put le croire, car elle était encore au sommet de la montagne blanche. Affolé elle courut dans le jour naissant, et lorsque sur le bord du chemin apparurent les brins d’herbe puis les arbrisseaux, elle réalisa alors que vraiment elle n’entendrait plus jamais le chant du zéphyr qu’elle aimait tant.




Folle de chagrin, elle se perdit et erra plusieurs jours avant de retrouver la mer.

Jadis, cette musique de bruissements d’écume, de rouleaux de vagues et de vent mêlée l’avait charmé.

Elle s’avança très lentement dans l’eau jusqu’à disparaître. Elle ressentit alors contre sa peau devenue membrane, l’onde qui venait cogner.

Elle retrouva le rythme de la mer, et tout comme le soir ou elle avait écouté les étoiles sur la montagne blanche, s’évanouissant en notes belles et uniques elle se sentit devenir musique.



C’est depuis ce temps que certains soir aux ciel très pur, on peut entendre porté par le bruit du vent et rythmé par l’onde, les son perdu d’un luth et un chant qui serre le cœur.

Comme le reflet des astres qui tangue sur la mer, c’est un écho en miroir de la musique céleste.


On dit aussi qu’à cet endroit autrefois un jeune musicien se laissa envahir par la mélancolie. Jusqu’à l’aube, il se risqua à écouter le chant de la mer.